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    Mar

    Pourquoi la France doit reconnaître le terme « féminicide » (Les Inrocks)

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    Une des illustrations d’Amélie Fontaine pour l’enquête de Laurène Daycard, « Mortes d’être femmes ».

    Pourquoi la France doit reconnaître le terme “féminicide » par Amélie Quentel dans Les Inrocks

    La journaliste Laurène Daycard a enquêté sur l’histoire de Géraldine Sohier, l’une des 123 femmes tuées en 2016 par leur (ex-)conjoint, “parce que femmes”. L’occasion de “leur redonner un visage”, de réfléchir à “l’arme conceptuelle” qu’est le terme de “féminicide” mais aussi de ré-affirmer comment ce qui est souvent réduit au champ sentimental relève en fait du politique. “Mortes d’être femmes” est disponible sur le site Le Quatre heures.

    “ – Je sais qu’aujourd’hui ma mère est bien là où elle est”, [dit Emeric]. Brigitte s’exclame : – Enfin, elle aurait été quand même mieux avec nous” Aussi simple qu’il paraisse, cet échange est sans doute l’un des passages les plus forts de Mortes d’être femmes, une longue et minutieuse enquête tout en pudeur de la journaliste Laurène Daycard.

    “Aller voir les vies derrière les chiffres”

    Pendant près d’un an, pour Le Quatre Heures (site web proposant un reportage long format tous les mois), cette reporter freelance est partie sur les traces de l’entourage de Géraldine Sohier. Dans une autre vie, Laurène aurait peut-être rencontré Géraldine, 49 ans, bibliothécaire, sportive, fan d’Etienne Daho, et pas uniquement Brigitte, sa mère, et Emeric, son fils, qui sait ? Seulement voilà : Géraldine a été assassinée le 12 octobre 2016 par son mari, à coups de fusil de chasse. En racontant son histoire, Laurène Daycard souhaitait lui “redonner un visage”. Et, par là même, entamer “un travail mémoriel” en hommage aux 123 femmes tuées en 2016, “parce que femmes”, justement. En somme, “aller voir les vies derrière les chiffres”.

    Habituée à écrire sur les femmes et les violences à l’étranger – “mon fil rouge” – cette membre du collectif de journalistes indépendant.e.s Les Journalopes s’est finalement décidée à continuer cette tâche, mais en France, cette fois-ci. “Je revenais de Turquie, où j’avais travaillé sur les féminicides. Je me suis dit : ‘Laurène, il faut être un peu cohérente, ça ne sert à rien d’aller aussi loin alors que, malgré un autre contexte, il se passe la même chose dans ton propre pays.’”, nous raconte celle qui place à la base de son questionnement le décalage substantiel entre le nombre d’hommes assassinés par leur (ex-)compagne ou compagnon (34 en 2016, dont 60 % étaient eux-mêmes auteurs de violences) et le cas inverse (une femme tuée tous les trois jours par son (ex-)conjoint en France, cf. cette infographie très complète du Monde).

    A l’occasion de la Journée internationale de lutte contre les violences faites aux femmes, elle présentait samedi 25 novembre sa démarche et participait à un débat avec Isabelle Steyer, avocate défendant les victimes de violences conjugales, au Pavillon des Canaux, à Paris.

    “Drame conjugal” ≠ “violence de genre”

    Tout commence le 3 janvier 2016, où elle commence à lister les faits divers relatant les cas de femmes assassinées par leur (ex-) compagnon l’année précédente – terrifiante liste que l’on retrouve d’ailleurs en scrollant au gré de  l’enquête, illustrée par Amélie Fontaine. Les faits divers, “souvent considérés, à tort, comme un sous-genre dans le journalisme”, vont en fait lui servir de base pour son reportage : retrouver les proches des victimes d’abord, puis essayer de comprendre l’histoire de la violence sous-tendant ces crimes.

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