29 janvier 2023

Ouest-france / Blois : où en est l’enquête sur la tentative de féminicide dont Chloé a été victime ?

Un mois et demi après avoir été violemment frappée par son ex-compagnon, la jeune femme est toujours hospitalisée en réanimation. Le policier qui n’avait pas pris sa plainte, passera en conseil de discipline.

Chloé, la jeune femme de 24 ans, violemment agressée à Blois (Loir-et-Cher) le 13 décembre, est toujours hospitalisée en réanimation au centre hospitalier de Tours, sans avoir repris connaissance. Ce jour-là, elle avait été frappée par son ex-compagnon, Marvin J., 27 ans, dont elle venait de se séparer. Quand on voit les photos d’elle après les coups de pied qu’il lui a donnés à la tête, c’est horrible. Notre inquiétude est vraiment de savoir quel sera son état lorsqu’elle aura repris connaissance​, ne cache pas Me Isabelle Steyer, l’avocate de la famille de la victime.

En attendant, son ex-compagnon qui a été mis en examen pour tentative de meurtre et placé en détention provisoire, n’a pas encore été réentendu par le juge d’instruction depuis son déferrement devant le magistrat, à la mi-décembre. L’enquête se poursuit et des expertises sont en cours afin de retracer les faits et gestes du mis en cause depuis que Chloé qui avait rencontré cet homme en août, s’en était séparé.

Dans cette affaire, un autre protagoniste devrait être fixé prochainement sur son sort : le policier qui ce 13 décembre 2022, avait refusé de prendre la plainte de la jeune femme, lui conseillant de revenir le lendemain. Au moment où Chloé était arrivée au commissariat, à 17 h 24, il s’occupait, semble-t-il, d’un complément de plainte pour un vol​, s’agace Me Steyer.

L’IGPN (la police des polices) qui a rendu son rapport sur ce policier, a effectivement relevé une faute professionnelle, mais a estimé qu’aucun fait à caractère pénal [n’était] susceptible de m’être dénoncé​, précise la procureure de Blois.

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29 janvier 2023

Le Figaro : Isabelle Steyer, un ange au service des femmes

PORTRAIT - Elle dédie sa vie aux victimes de viols, de violences et de meurtres conjugaux. Pour la journée internationale des violences faites aux femmes, l'avocate pénaliste retrace l'évolution de ces affaires avant et après MeToo.

Isabelle Steyer porte en elle la trace de ces êtres qui semblent venus d'ailleurs. C'est peut-être là que réside sa force, mais ce serait une erreur de s'arrêter à ses cheveux d'argent, ses traits quasi-elfiques et ses yeux bleus perçants. Car derrière son regard de cristal dort une puissance impérieuse prête à se réveiller lorsqu'il s'agit de la défense des femmes.

Voilà maintenant bientôt trente ans que Me Steyer se tient aux côtés de celles qui sont battues, harcelées, violées, tuées. Elle a connu l'après et l'avant MeToo, un temps que les moins de vingt ans ne peuvent pas connaître. Les télés en ce temps-là ne s'intéressaient pas à ces affaires de bonnes femmes, et le 25 novembre ne s'était pas vu auréolé du nom très sentencieux de «Journée internationale pour l'élimination de la violence à l'égard des femmes». Non, autrefois, il y a bien longtemps, le 25 novembre, on célébrait (hasard du calendrier?) les Catherinettes (NDLR: les jeunes filles à marier qui avaient atteint l'âge de 25…

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15 décembre 2022

Marie Claire : « Les viols débutent lorsqu’ils sont bébés » : à Angers, le procès hors-norme d’un pédocriminel en série.

Article de Marie Claire Par Catherine Durand

Accusé d’avoir violé 18 enfants dont ses neveux et nièces, Yoann V. est jugé à huis clos aux assises à Angers. Ce pédocriminel de 28 ans postait ses vidéos sur le Darknet, ce qui a permis de le confondre. Interview de Me Isabelle Steyer, avocate présente au procès au nom de l'association "La Voix de l’enfant".

Le jugement sera rendu vendredi 16 décembre 2022. Yoann V., 28 ans, refuse de comparaître après avoir été expulsé dès le premier jour pour provocation de la cour d’assises du Maine-et-Loire à Angers.

Actuellement jugé pour viols et agressions sexuelles sur 18 enfants dont ses neveux et nièces, cet homme au-dessus de tout soupçon, qui a effectué des stages dans trois écoles maternelles de l’agglomération angevine, dans le cadre d’un CAP petite enfance, est en fait un redoutable pédocriminel.

Pendant des années, il a violé et filmé ses crimes avant de diffuser ses vidéos sur le Darknet. C’est la plateforme Pharos, spécialisée dans la surveillance de la cybercriminalité, qui a remonté la piste jusqu’à "Panda bleu", son nom de profil, grâce à un signalement anonyme en 2018.

L’avocate Isabelle Steyer, présente au procès au nom de l’association La Voix de l’enfant, qui défend les femmes et les enfants victimes de violences depuis près de 30 ans, confie avoir beaucoup de mal à supporter l’horreur des faits.

S’il est rare de pouvoir identifier des enfants victimes sur le Darknet, il est aussi très difficile d’être confrontée à de tels actes de violence perpétrés sur des bébés. Car les victimes, proies d’un oncle incestueux, sont très jeunes et d’autant plus vulnérables qu’elles sont sans voix.

Ce dangereux pervers qui revendique sa pédophilie, refuse de comparaître et de répondre de ses crimes. Dans ce procès hors-norme, Me Isabelle Steyer plaide pour que ses actes soient considérés comme des actes de torture et de barbarie, la réclusion à perpétuité pourrait ainsi être requise. Entretien.

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25 octobre 2022

Violences : oser dire à un avocat

L’une des avocates les plus engagées sur le droit des femmes et des enfants

Septembre 2022, dès la rentrée, Isabelle Rome, ministre chargée de l’égalité entre les femmes et les hommes relance le sujet d’une justice spécialisée. « Donner une gifle à sa femme, cela n’a rien à voir avec voler un portable. » À Paris, près de 4 plaintes pour viol ont été enregistrées par jour. Visible a donné la parole à l’une des avocates les plus engagées sur le droit des femmes et des enfants. 

Le 1er rendez-vous 

« Le premier rendez vous, il est toujours très fort parce que c’est celui qui va permettre à la victime d’adhérer ou de ne pas adhérer à l’institution, de croire en elle ou de ne pas croire en elle. Je n’étais rien, je n’ai pas été entendue, et là, j’arrive à être quelqu’un. Et quand elles arrivent souvent, elles sont épuisées. C’est extrêmement intéressant parce que ça montre quelle énergie elles ont mis dans la démarche. »

La révélation

Les femmes battues ont souvent peur de ne pas être crues. Elles soulèvent leurs chemisiers et elles montrent les coups, elles montrent les bras. Je leur propose de photographier leurs blessures. Voilà comment vous êtes. Et là, pour la première fois, elles se voient. Et c’est vrai qu’elles me disent «  Mais c’est, c’est choquant. Si je voyais quelqu’un d’autre dans cette situation là, effectivement, j’appellerai les pompiers, je ferais quelque chose. Et là, c’est moi.»

Je m’estime être une nomade du droit des femmes. Je suis une fille de commerçante et j’allais écouter les les femmes qui étaient dans le magasin, qui arrivaient pour évidemment acheter tous les beaux dessous féminins.

Et à la faveur de ces essayages, en se déshabillant, elles déshabillaient  aussi leur âme, leur histoire. Et elles expliquaient  souvent qu’elles avaient été victimes de violences conjugales, de violences économiques, de violences dans l’enfance, d’inceste. En entendant tout ça, il a été pour moi évident que je devais les défendre. Et les défendre, c’était être leur avocate.

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15 juillet 2022

Affaire Bouthier : Me Steyer, avocate de l’association “La Voix de l’enfant” s’interroge sur l’existence d’un « système d’impunité global »

Jacques Bouthier, un homme d'affaires de pouvoir mis en examen pour viols sur mineurs et traite des êtres humains à des fins de proxénétisme.

Il aurait utilisé son réseau de connaissances pour tenter de faire taire les victimes en tentant de leur retenir leurs papiers. Il aurait demandé aux victimes et à sa propre femme de trouver ses prochaines cibles et aurait ensuite cherché envoyer l'une d'elle dans un "bordel" militaire au Maroc.

Maître Isabelle Steyer, avocate de l’association “La Voix de l’enfant”, partie civile dans ce dossier, réagit sur BFMTV.

 

 

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13 juillet 2022

L’OBS : Première victime de féminicide de 2022, elle s’appelait Eléonore…

A 27 ans, cette jeune militaire est tombée sous l’emprise d’un compagnon toxique et dangereux. Malgré les alertes, graves, elle n’a pas été protégée. L’avocate de la famille accuse. Retour sur un engrenage mortifère
Ces fêtes de fin d’année, Eléonore ne voulait pas les passer avec Vaiava, son compagnon depuis huit mois. Il y a eu tant de cris, de coups, de larmes ces dernières semaines. Elle n’en peut plus de sa jalousie maladive, de ses colères incontrôlables, de ses crises soudaines. Elle a d’ailleurs d’autres projets pour le Nouvel An, qu’elle compte passer avec une amie et ses parents. Mais comme toujours, le jeune homme insiste. Il n’aime pas qu’elle lui résiste et sait trouver les mots pour la convaincre. Il la bombarde de SMS, répète qu’elle lui manque, qu’il va changer. Et comme toujours, Eléonore céde. Ils décident de se retrouver à Chacé, un village viticole de la périphérie de Saumur, dans le lotissement où le frère de Vaiava, qui est aussi son camarade de régiment, occupe un modeste appartement.

Le soir de la Saint-Sylvestre, maquillée avec soin, la jeune femme est encore plus jolie que d’habitude. Ils ne sont que trois, mais l’ambiance est joyeuse, l’alcool coule à flots. Dans la nuit, les bouteilles sont vides et ils vont à la supérette du coin racheter du gin et du Coca. En route, ils croisent des voisins, leur souhaitent la bonne année.

« Elle est morte, elle ne respire plus, putain ! venez »

Et puis, comme souvent quand il a bu, Vaiava revient sur son obsession maladive : son frère, il en est sûr, a une liaison avec Eléonore. Impossible de lui faire entendre raison. Le ton monte. L’aube va bientôt se lever quand les deux hommes en viennent aux mains. Vaiava sort un couteau de cuisine. Courageusement, Eléonore tente de s’interposer.

Et c’est le drame. Le militaire retourne sa rage contre sa compagne, la traîne sur le palier et la poignarde, « de sept à treize coups de couteau », dira l’enquête. Paniqué, le frère s’enfuit et appelle la police, puis les pompiers, à plusieurs reprises. « Venez vite, mon frère est en train de tuer sa copine, là. ». Un voisin appelle lui aussi, puis le frère à nouveau : « Faites vite, elle est en train de mourir. » Puis, à 5h16 : « Elle est morte, elle ne respire plus, putain ! venez. » L’opérateur lui fait répéter l’adresse, les minutes s’écoulent, interminables. Quand la police arrive, il est trop tard. Allongée dans une mare de sang, le visage tuméfié, Eléonore est morte. Son meurtrier ne lui a laissé aucune chance. Les gendarmes le retrouveront en fin de matinée caché dans un jardin voisin, où il avait fini par s’endormir.

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1 juillet 2022

L’Est éclair : Trois ans après la mort de Julie Brocard, la piste criminelle relancée.

Article publié sur lest-eclair.fr :
article n°1
article n°2

Avocate de Lucie, la sœur de Julie Brocard, Maître Isabelle Steyer, spécialiste des affaires de féminicide, estime que tout n’a pas été fait pour la recherche de la vérité.

Quel regard portez-vous sur l’affaire Julie Brocard ?

Dans ce dossier, les informations sont prises et accumulées en vrac, comme dans une espèce de millefeuille. Il n’y a personne qui relie ces informations pour établir un scénario plausible, un scénario criminel de la soirée. On ne fait rien de ces informations. Il n’y a aucun raisonnement. Par conséquent, on se dit « bah c’est bizarre, on ne trouve personne qui a commis les faits ».

Si on attend d’avoir une vidéo de la scène de crime pour trouver celui qui a commis les faits, on ne trouvera jamais. Il n’y a pas de caméras devant la maison de Julie non plus. Dans ces conditions, si on ne dresse pas un historique cohérent de la soirée, avec en tête le développement de ce qui peut apparaître comme un féminicide, on ne trouvera jamais le ou les agresseurs. Avec toutes les informations à disposition, il faut au moins dresser un ou deux scénarios possibles.

Vous estimez qu’il y a un puzzle devant vous et que personne ne le reconstitue ?

Exactement. Personne ne le compose. On se dit « On a fait des investigations, on a entendu des gens, fait des expertises, c’est très bien ». Mais il faut en conclure quelque chose ! Pour cela, il faut que quelqu’un se plonge dans le dossier, étudie toutes les informations, toutes les cohérences et surtout les incohérences et en fasse quelque chose.

Craignez-vous que cette affaire reste dans une impasse, que le dossier s’enlise et devienne ce qu’on appelle un « cold case » ?

Ce que j’ai demandé depuis le début, c’est une analyse complète du dossier. Or, cela n’a, à mes yeux, pas été réalisé. Étudier un dossier, ce n’est pas entendre des témoins ou demander des expertises. Étudier un dossier, c’est construire des scénarios. Là, on dirait qu’on se moque de savoir qui a commis les faits et que ce qui compte, c’est de montrer qu’il y a eu des investigations. Mais c’est réalisé sans fil conducteur. On effectue des actes pour remplir des pages blanches. Leur priorité n’est pas de chercher un auteur mais de faire des actes. L’institution judiciaire se dit comme ça qu’elle a la conscience tranquille. Moi, cela ne m’intéresse pas. Je préfère un bon acte à dix actes qui ne mènent à rien. On peut réentendre tous les témoins et acteurs de ce dossier mais ce qu’il faut maintenant, c’est se positionner. Sinon, il ne se passera jamais rien. On parle quand même d’un potentiel meurtre. Ce n’est pas une affaire de cambriolage ! Pourquoi ne pas analyser cet acte comme un acte criminel nécessitant tous les moyens d’enquête et d’expertise ? Or, des témoins de ce dossier n’ont, par exemple, été entendus que dix jours après les faits. Cela n’intéresse pas la police plus que ça ?

lire la suite ici : article n°2

 

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1 juillet 2022

Le Point : Isabelle Steyer, la défense pénale au féminin.

Les viols, incestes et féminicides peuplent son quotidien d’avocate. Isabelle Steyer assiste les victimes dont elle dénonce la protection insuffisante.

Dans les prétoires, elle est plutôt côté « victime ». Isabelle Steyer assiste depuis vingt-neuf ans les femmes battues, violées, harcelées, menacées, et les enfants maltraités et traumatisés. Sa voix calme et courtoise tranche avec le ton viril et péremptoire de certains pénalistes au verbe haut qui défendent, avec d'autant plus de pugnacité que la tâche est complexe, les auteurs de « féminicides ».

Les scènes de crime, cette Antiboise de naissance et de cœur en connaît les plus sordides recoins. Elle a assisté des parties civiles dans les procès Fourniret, Guy Georges et Outreau, « autant de féminicides avant l'heure commis dans l'espace public », commente-t-elle. Les assassinats, viols et violences conjugales peuplent son quotidien. Les sœurs, enfants, parents et amis de toutes ces femmes tuées par leurs conjoints ou ex-conjoints saluent sa pugnacité, sa loyauté et son dévouement.

« Maître Steyer est une avocate et une femme d'un professionnalisme qui n'a d'égal que son humanité. Elle maîtrise ses dossiers dans leurs moindres détails et accompagne ses clients dans l'écoute et la bienveillance », témoigne Clémence. « Elle se bat pour faire reculer les violences contre les personnes les plus vulnérables. Je l'ai vue à l'œuvre pendant des mois, elle se bat sans relâche dans un milieu parfois (souvent même) hostile et qui ne fait pas de cadeau », complète Melina.

Réponse pénale inadaptée
Isabelle Steyer a la combativité chevillée à la robe. Depuis des années, elle dénonce l'inadaptation de la réponse pénale face à la gravité de certaines situations. Le dossier de Nathalie Debaillie, enlevée et tuée fin 2021 par son ex-compagnon avec l'aide de trois hommes de main, est révélateur de ces dysfonctionnements. « Cette femme de 45 ans s'était présentée quatre fois au commissariat de police de Lille pour dénoncer les graves menaces dont elle faisait l'objet et décrire le scénario de son assassinat. L'auteur disait qu'il allait l'enlever avec trois Roms et la mettre dans un coffre de fourgonnette, et c'est ce qu'il a fait ! La victime avait même montré à la police la photo de la pierre tombale qu'il lui avait envoyée… » détaille l'avocate.

Celle-ci a saisi le ministère de l'Intérieur qui a finalement « reconnu une faute des services de police ». Mais elle interroge, en vain : « Pourquoi ses plaintes n'ont jamais été transmises au parquet alors que l'auteur était sous contrôle judiciaire pour escroquerie, et qu'il avait déjà fait l'objet d'une plainte de sa précédente compagne pour tentative de strangulation, une plainte d'ailleurs classée sans suite ? »

Pour prévenir de tels drames, l'infatigable avocate veille à ce que les informations liées aux plaintes et mains courantes soient transmises dans leur intégralité aux magistrats. Et n'hésite pas à épingler l'inertie coupable des services de police. Dans l'affaire retentissante d'Isabelle Thomas, abattue avec ses parents sur la place du marché de Grande-Synthe par son ex-compagnon Patrick Lemoine, elle obtiendra, en 2020, la condamnation de l'État pour faute lourde, en l'occurrence l'incapacité des services de police de retrouver l'auteur au moment où celui-ci violait son contrôle judiciaire. Le tribunal judiciaire a jugé que la faute des services de police avait « mis Patrick Lemoine en position de commettre les trois assassinats ». Mais Me Steyer a dû encore batailler pour obtenir l'exécution du jugement. « J'ai écrit une dizaine de courriers au ministère des Finances pour qu'il paye les quelque 100 000 euros de dommages et intérêts obtenus pour l'assassinat de trois personnes ! »

40 % des victimes de féminicides ont déposé plainte dans un commissariat où une gendarmerie

Les pannes de la justice ne sont pas moins dommageables, comme l'illustre le meurtre d'Éléonore, premier féminicide de l'année 2022. « Cette jeune militaire avait déposé une plainte à la suite de deux épisodes de violences graves de son ex-compagnon auprès de la gendarmerie de Lorient en août 2021. L'affaire devait être jugée en janvier 2022. Entre-temps, la victime n'a fait l'objet d'aucune mesure de protection alors même que l'homme qu'elle accusait avait été révoqué de l'armée pour alcoolisme et violences à l'égard de ses collègues et avait été condamné pour conduite en état d'ivresse, raconte Me Steyer. Éléonore a de nouveau déposé une plainte en octobre 2021 à la suite de violences gravissimes qui se sont déroulées devant trois témoins, eux-mêmes violentés par cet homme. Elle avait même été laissée pour morte ! L'homme aurait dû être déféré en comparution immédiate et incarcéré. À tout le moins, la victime aurait dû bénéficier d'un bracelet anti-rapprochement. Or, l'auteur ne s'est vu notifier qu'une simple interdiction de la rencontrer. Il tuera son ex-compagne de plusieurs coups de couteau dans la nuit du 1er janvier 2022. Dans cette affaire, les services de gendarmerie ont parfaitement réagi, les failles proviennent en revanche de l'institution judiciaire qui n'a pas su protéger la victime », regrette l'avocate.

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